vendredi 26 décembre 2008

Vendredi 26 Décembre 2008. 16H43

J'admire la force inouïe des images, des métaphores, dans le Tome IV des Mémoires d'Outre-Tombe : "Les images empruntées de la nature montagneuse ont surtout des rapports sensibles avec nos fortunes ; celui-ci passe en silence comme l'épanchement d'une source ; celui-ci attache un bruit à son cours comme un torrent ; celui-là jette son existence comme une cataracte qui épouvante et disparaît" (p. 383, op.cit.)
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A-t-on lu, au XXI° siècle, Chateaubriand ? Lors de la dernière campagne présidentielle, en France, en 2007, la candidate Ségolène Royal, avait créé un site internet :"Désirs d'avenir". Or, je lis, dans les Mémoires d'Outre-Tombe, Tome IV, cette phrase écrite par Chateaubriand, à Venise (Hôtel de l'Europe), le 10 Septembre 1833, et qui fait, étrangement, écho au nom du site de Ségolène Royal : "Les débris d'une ancienne société qui produisit de telles choses, ne vous laissent aucun désir d'avenir". (p. 392, op. cit.)

Vendredi 26 Décembre 2008. 11H00

La rapidité des associations d'idées dans le cerveau de Chateaubriand, qui rédige son "Journal de Paris à Venise" (Mémoires d'Outre-Tombe, IV, p. 381 à 388) aboutit, quelquefois, à une rédaction qui choque presque l'esprit et qui confine à une forme de violence verbale, et même morale, à force d'alacrité du style, par l'absence même de toute transition : "A Bex, tandis qu'on attelait à ma voiture les chevaux qui avaient peut-être traîné le cercueil de Madame de Custine, j'étais appuyé contre le mur de la maison où était morte mon hôtesse de Fervaques. Elle avait été célèbre au Tribunal révolutionnaire par sa longue chevelure. J'ai vu à Rome de beaux cheveux blonds retirés d'une tombe." (p. 382 et 383, op. cit.)

jeudi 25 décembre 2008

Jeudi 25 Décembre 2008. 16H10

Dans les Mémoires d'Outre-Tombe, IV, cette fulgurance : "Toujours regretter ce qu'il a perdu, toujours s'égarer dans les souvenirs, toujours marcher vers la tombe en pleurant et s'isolant : c'est l'homme." (p. 383, op. cit.)

mardi 23 décembre 2008

Mardi 23 Décembre 2008. 17H26

La force et la beauté d'un poème n'ont rien à voir avec les circonstances de son écriture , ni avec l'humeur de celui qui écrit : pistolet sur la tempe, on peut écrire un poème mièvre ! Il faut se rendre à l'évidence : l'intensité -- celle qui va transporter le lecteur dans l'espace du poème !-- prend sa source ailleurs que dans la joie, ou dans le désespoir !

Mardi 23 Décembre 2008. 10H41

Dans le Tome IV des Mémoires d'Outre-Tombe , que je lis encore et toujours , ces lignes que je juge merveilleuses : "Lecteurs, supportez ces arabesques ; la main qui les dessina ne vous fera jamais d'autre mal ; elle est séchée. Souvenez-vous, quand vous les verrez, qu'ils ne sont que les capricieux enroulements tracés par un peintre à la voûte de son tombeau." (p. 360, op. cit.)

lundi 22 décembre 2008

Lundi 22 Décembre 2008. 16H46

Romilly-Sur-Seine.
Troisième jour de vacances, en compagnie de mon fils Alexandre...Samedi 20 et Dimanche 21 Décembre : visite à l'Espace Alzheimer d'une maison de retraite, pour essayer d'entrer en contact avec celle qui me donna la vie, lui dire ma tendresse au milieu d'autres malades, prostrés ou agressifs...
Aujourd'hui lundi 22 Décembre, j'ai achevé d'écrire, tôt ce matin, quelques textes liés à l'engagement politique qui fut le mien en Mars 2008 : après la défaite de la liste sur laquelle je figurais en bonne place , je ne peux me résoudre à quitter le navire en train de couler (je laisse cela aux rats), et je veux témoigner de ma fidélité encore et encore à ceux qui m'avaient propulsé dans le rôle de "futur premier Adjoint au Maire de la ville de Romilly-Sur-Seine"...
Je me souviens de Joe Triché, Conseiller Général communiste du canton de Romilly 1, lorsque je vins à la permanence du Parti Communiste, faire acte d'allégeance, et de la seconde où il me demanda si j'acceptais les fonctions de Premier-Adjoint...
Je m'engageai dans la campagne : distributions de tracts, porte-à-porte...Un dimanche matin, Fethi Cheikh, Secrétaire du Parti communiste de la Section de Romilly, m'offrit un café noir dans un Bar-PMU...Puis , sur le trottoir, comme nous étions en train de distribuer des tracts, il me montra quelqu'un qui s'approchait de nous, en me disant, au creux de l'oreille : " c'est la tête pensante de la Droite à Romilly-Sir-Seine"...Cette tête pensante nous interpella, en disant : "vous n'êtes pas à la messe ?". Je répondis à cet individu : "Monsieur, nous sommes trop mécréants, que le Seigneur nous pardonne !"....
Puis il y eut le meeting où François Hollande et Marie-George Buffet vinrent soutenir notre liste...Au nom de ces souvenirs d'un combat commun, je continue à me battre aux côtés de ceux qui n'ont pas quitté le navire, après le naufrage de la défaite, le 16 Mars 2008... Telle est ma conception de l'honneur, qui semblera, peut-être, à certains, bien dérisoire, mais c'est ainsi.
Enfin, ce soir, je décide de consacrer le temps à la "lecture-plaisir", à "l'écriture-plaisir", qui est très loin de l'écriture des textes administratifs que l'on attend de moi dans la vie professionnelle.
Le Tome IV des Mémoires d'Outre-Tombe est sur ma table de chevet : je demeure ébloui par le fragment qui s'intitule "Journal de Carlsbad à Paris" (p.334 à 363, op. cit.)...Ce sont des pages où le texte s'envole, il n'y a pas d'autre mot.

lundi 15 décembre 2008

Mardi 16 Décembre 2008. 5H37

J'éprouve une volupté sans fin à lire et relire ce sonnet de Du Bellay, extrait des Regrets (1558), (5, p. 71 de l'édition de poche Poésie/Gallimard, 1986) :

"Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l'honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront,

Ceux qui aiment les arts, les sciences diront,
Ceux qui sont vertueux, pour tels se feront croire,
Ceux qui aiment le vin, deviseront de boire,
Ceux qui sont de loisir, de fables écriront,

Ceux qui sont médisants, se plairont à médire,
Ceux qui sont moins fâcheux, diront des mots pour rire,
Ceux qui sont plus vaillants, vanteront leur valeur,

Ceux qui se plaisent trop, chanteront leur louange,
Ceux qui veulent flatter, feront d'un diable un ange,
Moi, qui suis malheureux, je plaindrai mon malheur."