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samedi 12 juillet 2014

Jeu/3/7/14_________19H05


« Il ne faut pas me demander de haïr Jaurès. Je ne le peux pas, et après examen, je ne le dois pas. S'il y a chez lui de mauvais services rendus à mon pays et qui m'opposent à lui, qui font de moi un soldat contre lui, ce qu'il y a de plus intime et de plus élevé dans sa nature ne m'est pas étranger, et parmi ceux avec qui je dois combattre, il en est qui sont démunis de ce saint des saints, de cette valeur vraie, de cette sensibilité généreuse que je voyais vibrer au centre de son être ». (Barrès, Mes Cahiers 1896-1923, p. 747, Plon, 1993) : cet hommage émouvant arrive trop tard. Jaurès est mort, assassiné, depuis six mois. C'est aussi la leçon posthume de l'écriture de Barrès : il faut dire et clamer haut et fort son amitié en temps utile. Comme le remords d'avoir écrit certaines phrases violemment hostiles à Jaurès a dû, pendant des années, hanter Barrès !









H./Jeu/3/7/14/19H05

vendredi 27 juin 2014

Ven/27/6/14_____18H20


Certaines phrases de Barrès dans ses Cahiers 1896-1923, (Plon, 1993), écrites avant l'assassinat de Jaurès, ont armé le bras de son assassin : « Déjà Jaurès, remarquez-le, a pris ses précautions. Déjà il a quitté à demi la France. Il est citoyen d'Europe. Il en prend les intérêts, les soucis.

--Enfin, me dit quelqu'un, il vit de la langue française.

Mais non pas, il est prêt à vivre de la langue allemande. Il a parlé à Berlin. Dès maintenant sa pensée est allemande plutôt que française. » (op. cit. p.670, écrit en avril 1913)

Au lendemain de l'assassinat de Jaurès, le 31 Juillet 1914, il se rend à son domicile pour présenter ses condoléances. Il formule alors l'admiration qui fut la sienne à l'égard de Jaurès : « Quelle solitude autour de celui dont je sais bien qu'il était, car les défauts n'empêchent rien, un noble homme, ma foi oui, un grand homme : adieu Jaurès, que j'aurais voulu pouvoir librement aimer ! » (p. 736, op. cit.) , tout en réitérant ses critiques : « Il croyait défendre la cause du prolétariat français, mais il s'était enfermé dans la pensée allemande. »(p. 736, op. cit.).

Tout cela montre la gravité qu'il y a à tracer des mots dont les conséquences lointaines peuvent, à chaque instant, nous échapper.







H./Sa/27/6/14/18H20